Material Stargazer à Milton-Parc
Activity and venue descriptions are provided in their original language.

Exposition
Material Stargazer est un projet intergénérationnel qui fait le lien entre l’action communautaire et l’art expérimental à travers des ateliers et une exposition performative. Ce projet, mené en collaboration avec divers centres communautaires de l’île de Montréal, invite les communautés locales à participer à un processus artistique multidisciplinaire visant à imaginer ensemble un avenir plus créatif et plus juste. Six artistes et membres d’organismes communautaires, âgés de 22 à 89 ans, animent ces projets. En dialogue avec les traditions de l’art expérimental et les approches communautaires interactives, Material Stargazer s’appuie sur des médiums créatifs et des pratiques artistiques temporelles (performance, son, voix, etc.), ainsi que sur la culture matérielle et les intérêts du quotidien, qui sont repensés et mis en valeur comme art, récit et vecteurs d’engagement social. Il s’agit d’un projet évolutif et itératif, dont la première édition a eu lieu au centre communautaire Suspicious Fish, à Verdun, en 2024. Cette version du projet s’intéresse au quartier Milton-Parc et à ses multiples communautés. Hanako Hoshimi-Caines, porteuse de projet pour l’édition Milton-Parc Performance : Hanako Hoshimi-Caines, Eric Craven, Sophia Borowska, Nien Tzu Weng, Louise Jack, Hanako Brierley Conception des éclairages : Nien Tzu Weng Conception des décors : Sophia Borowska, Hanako Hoshimi-Caines, Nien Tzu Weng Conception sonore : Eric Craven, Hanako Brierley Participant·e·s communautaires : information à venir Partenaires Co-production : Hanako Hoshimi-Caines, Danse-Cité, Le Radeau, MAI - Montréal, arts interculturels Soutiens financiers : Conseil de Arts de Montréal, Bourse Trellis (ELAN) Partenaires : Association Récréative Milton-Parc, Yellow Door Pour cerner l’essence du projet, nous avons posé quelques questions à Sophia Borowska, Eric Craven, Hanako Hoshimi-Caines et Nien Tzu Weng, membres du noyau créatif de Material Stargazer, et à Lucinda Van Dyke, une résidante du quartier qui y participe. Vous identifiez le projet comme une œuvre d’art social. Qu’entendez-vous par art social ? Comment procédez-vous pour créer cette œuvre ? — Hanako : Par « pratique sociale » ou « art social », j’entends que l’œuvre elle-même est le fruit d’une collaboration avec les gens et qu’elle est, d’une manière ou d’une autre, intimement liée à leur vie quotidienne et à leurs préoccupations. Ce type d’œuvre peut voir le jour au-delà des espaces dédiés à l’art. Je suis très inspirée par l’idée d’un art social comme une sorte d’art « secret » qui s’intègre dans le tissu de notre réalité et rend la vie réelle meilleure et plus belle pour tout le monde. Je trouve le terme de « pratique sociale » utile car il nous permet de retracer la tradition des œuvres d’art qui relèvent de cette catégorie : peut-être soulèvent-elles des questions similaires et partagent-elles des aspirations communes, tout en plaçant au premier plan les personnes et leurs relations avec ce qui compte le plus pour elles, afin de les mettre en valeur. Pour ce projet, nous avons mis en place différents moyens permettant aux habitant·e·s du quartier de Milton-Parc et de ses environs de s’impliquer et de participer. Nous consacrons beaucoup de temps à tisser des liens avec des personnes et des organisations, car c’est l’aspect le plus important de ce projet. Avec ce projet, vous êtes nomades/itinérant·e·s. Vous vous implantez dans différents quartiers de Montréal. Vous étiez dans Verdun. Là, vous vous installez au cœur de Milton-Parc. Que cherchez-vous à explorer à chaque escale ? — Eric : Nos choix de lieux reposent avant tout sur les personnes. Nous développons des relations basées sur la durée, que ce soit grâce à notre réseau collectif ou aux nombreuses connexions qui en découlent. Cette manière de travailler nous permet de tisser des occasions uniques de rencontre. En mettant les relations humaines et les organismes du milieu au cœur de notre démarche, nous nous rapprochons des réalités, des préoccupations et des cultures propres à chaque quartier. Ces échanges nous offrent un aperçu sensible de leur richesse créative. Plutôt que d'observer le quartier de notre point de vue, nous souhaitons créer un espace de réflexion où la perspective des personnes qui y vivent est mise au premier plan. Qu’est-ce qui vous interpelle et vous stimule dans ce quartier ? Que ressentez-vous spécifiquement ? — Sophia : Dans les milieux militants et socialement engagés, il y a toujours des divergences : quels sont les enjeux les plus urgents, et quelle est la meilleure façon d'y répondre ? À Milton-Parc, on est fier d'une histoire marquée par l'une des plus grandes batailles menées pour les coopératives d'habitation en Amérique du Nord au XXᵉ siècle, remportée de haute lutte. Mais on ne se repose pas sur ses lauriers ! La lutte se poursuit, et il y a cette volonté de continuer à être à la hauteur de cette remarquable tradition de mobilisation citoyenne afin de répondre aux défis d'un monde en constante évolution. Les débats sont à la fois exigeants et stimulants dans ce milieu très dynamique, parce que la communauté n'est ni passive ni résignée : ses membres s'impliquent jusque dans les plus petits détails de la vie locale, aussi particuliers soient-ils. Je suis également très inspirée et stimulée par la présence d'organisations artistiques centrées sur et dirigées par des personnes autochtones dans ce quartier, telles que les Art Hives de Milton-Parc et Tlachiuak. Tout comme nous, ces organisations savent que l’art et la création seront essentiels à la guérison et à la construction d’un avenir meilleur à bien des égards. Que voulez-vous générer dans Milton-Parc ? — Hanako : Nous espérons créer des occasions stimulantes et ouvertes permettant aux personnes qui habitent le quartier d’expérimenter leurs propres idées créatives, de partager ce qui leur tient à cœur, d’acquérir de nouvelles compétences, de faire partie d’un groupe créatif et de passer du temps avec des personnes qu’elles n’auraient peut-être pas côtoyées autrement, dans un cadre un peu décalé. En ce sens, nous espérons permettre aux participant·e·s et aux associations locales du quartier de créer ce qui leur tient à cœur. Nous souhaitons que ce projet soit perçu comme ouvert, dans la mesure où un quartier est hétérogène et nous ne prétendons pas avoir intégré toutes les perspectives et toutes les voix du quartier ; il s’agira plutôt d’un aperçu qui, nous l’espérons, éveillera la curiosité du plus grand nombre. Vous passez plusieurs mois à rencontrer les locaux avant d’entrer en phase de conception. Comment la communauté Milton-Parc est-elle invitée à nourrir l'œuvre d’art? — Sophia : Comme elles et ils le souhaitent ! Cette communauté est, et ce depuis longtemps, incroyablement diversifiée, et c’est à leur expérience vécue du quartier que nous souhaitons offrir un espace. Les participant·e·s à nos réunions hebdomadaires ont développé des projets sur toute une série de sujets qui leur tiennent à cœur, tout en réfléchissant à des moyens d’impliquer les nouveaux publics qui viendront nous rendre visite et participeront de manière moins intensive. Nous espérons réussir à mettre en place un espace de liberté où les membres de la communauté auront envie de venir non seulement une fois, mais de revenir régulièrement et de s’y investir. Travailler avec le centre communautaire Association récréative Milton-Parc / Yellow-Door, où les gens ont déjà l’habitude de se retrouver, est vraiment idéal pour ce projet. Que retenez-vous de vos rencontres et des créations faites avec la collectivité ? — Hanako : Que l'histoire de chacun est fascinante. Que les gens ne s'entendent pas forcément tous, et c'est très bien ainsi. Que ces réunions de groupe, composées de personnes d’âges, de cultures et d’horizons variés, regorgent d'humour et réservent des moments inspirants à couper le souffle. Que tout le monde est une star ! Au final, quelle sera la part conçue par les habitant·e·s et celle conçue par vous, le noyau artistique ? — Sophia : En tant qu’équipe à la base du projet, nous concevons un dispositif permettant aux visiteur·euse·s d'entrer en relation avec la diversité des projets imaginés par les participant·e·s et de circuler entre eux. Dans le milieu de l'art, une exposition collective traditionnelle demande souvent aux spectateur·rice·s de faire des efforts d’imagination pour relier les différentes pratiques présentées. Ici, c’est différent : en créant un cadre esthétique que nous appelons le « Story Blob », les projets individuels deviennent les composantes d'un tout, à l'image d'une communauté qui se construit à partir d'individus uniques. En utilisant des matériaux trouvés — des objets transmis par la famille jusqu'aux matières recyclées — ainsi que des techniques artisanales comme le crochet, et en y intégrant de la musique, des éclairages et des mouvements humains improvisés, nous créons un environnement ludique et suffisamment éclectique où tout peut trouver sa place. Nous espérons que l'espace semblera assez accueillant et inachevé pour que les visiteur·euse·s se sentent à l’aise d’y apporter leur contribution, le façonner et le remodeler à l’infini ! À quoi les gens peuvent-ils s’attendre en visitant l’Association récréative Milton-Parc en novembre ? — Nien Tzu : Je conçois davantage l'événement de novembre comme une invitation plutôt que comme une exposition. Les visiteurs et visiteuses pourront découvrir un environnement vivant, en constante transformation au gré des personnes qui le traversent. Il y aura des œuvres, des performances, des ateliers, une table de bricolage, des repas, de la musique et des moments d’échange inattendus. Aucun de ces éléments n’existe de façon isolée : ensemble, ils composent un paysage vivant façonné par de nombreuses mains. Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est que les personnes présentes ne seront pas seulement témoins de la créativité : elles en feront partie. Que l’on reste cinq minutes ou toute la durée d’un événement, il y aura des occasions de contribuer, de créer, d’écouter, de jouer ou simplement de passer du temps avec les autres. J’espère que les gens repartiront avec le sentiment que l’art n’est pas réservé aux galeries ou aux spécialistes, mais qu’il est quelque chose que nous créons ensemble, dans un élan d’attention, de curiosité et de générosité. Puisque vous répétez l’initiative, vous semblez détecter que l’art a un certain pouvoir. Quel est ce pouvoir ? Quels impacts identifiez-vous ? — Eric : Je pense que l'effort de collaboration en lui-même crée quelque chose qui dépasse la somme de ses parties. L’équipe de ce projet est passionnée par l’art, et c’est ce que nous voulons partager ; c’est notre motivation principale. MAIS c’est le processus de collaboration lui-même qui crée véritablement une « force ». Le temps passé à écouter, à découvrir des idées et des points de vue radicalement différents génère une énergie qui peut être très stimulante et surprenante. En quoi ce que vous aurez conçu peut interpeller un public qui ne vit pas à Milton-Parc ? — Nien Tzu : Bien que Material Stargazer s’enracine dans les histoires et les relations propres à Milton-Parc, je crois que les questions qu’il soulève dépassent largement les frontières d’un seul quartier. Chaque communauté possède ses propres récits, ses tensions, ses histoires oubliées et ses gestes quotidiens de solidarité. Notre projet ne cherche pas à proposer un modèle que l’on pourrait simplement reproduire ailleurs. Il montre plutôt ce qui devient possible lorsque des artistes et des participant·e·s prennent le temps d’écouter avant de créer. Je conçois souvent le processus de création comme la mise en place de conditions propices à la transformation : de petits changements dans notre perception de nous-mêmes, des autres et des espaces que nous partageons. Material Stargazer transpose cette conviction dans un contexte collectif. Ce projet nous rappelle que les communautés sont vivantes, dynamiqu
Venues
- Association récréative Milton-Parc — 3555, rue Saint-Urbain
Dates et horaires
- 2026-11-21 au 2026-11-26 à 15:00 — 20:00
- 2026-11-21 à 15:00 — 20:00
- 2026-11-26 à 15:00 — 20:00
Prices
Gratuit
Événements gratuits, selon la description de la fiche officielle.
Artists
Eric Craven · Hanako Brierley · Hanako Hoshimi-Caines · Louise Jack · Nien Tzu Weng · Sophia Borowska
Informations et réservations
La fiche interactive s’ouvre automatiquement lorsque l’application est chargée.